Les brebis peuvent tomber sur le dos et rester renversées!

En fin de semaine (15 septembre 2019),

 j’enseigne à l’Église évangélique de Chicoutimi sur le 23ième psaume, le psaume le plus connu du psautier sans doute.

Ce psaume a consolé plus de deuils que n’importe quelle philosophie. Il est chanté et prié à chaque génération par des millions de gens depuis environ 3 000 ans. Les vérités qu’il contient sont simples mais tellement puissantes. Il a calmé des doutes sombres et guérit plus de douleurs qu’il n’y a de sable sur les plages. Le psaume fait son travail et sera chanté par nos enfants, et par nos petits-enfants et par les petits-enfants de nos petits-enfants pour les générations à venir jusqu’à ce qu’on le rechante tous ensemble dans la présence de Dieu.

Psaume 23
1L’Éternel est mon berger:
je ne manquerai de rien.
2Il me fait reposer dans de verts pâturages,
Il me dirige près des eaux paisibles.
3Il restaure mon âme,
Il me conduit dans les sentiers de la justice,
A cause de son nom.
4Même si je marche dans la vallée de l’ombre de la mort,
Je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi:
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
5Tu dresses devant moi une table en face de mes adversaires;
Tu oins d’huile ma tête,
Et ma coupe déborde.
6Oui, le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie,
Et j’habiterai dans la maison de l’Éternel jusqu’à la fin de mes jours.

Si je dis « L’Éternel est mon berger », qu’est-ce que cela fait de moi? Ça fait de moi une brebis. Le psaume nous rassure à propos des soins de Dieu pour notre vie en nous racontant les pensées d’une brebis au courant de la journée. À chaque étape de la journée où elle pourrait avoir un besoin, la brebis est rassurée parce que son berger connait ses besoins, les a prévus et les a pourvus.

Sur ce blog, je veux commenter sur la première partie du verset 3. On y lit dans la traduction de Louis Segond « il restaure mon âme ». Ça laisse à penser que l’on quitte la poésie du pré et des moutons et qu’on parle tout à coup de la partie spirituelle du mouton.

Une autre façon de traduire cette ligne de texte (נַפְשִׁ֥י יְשֹׁובֵ֑ב) c’est par :

  • « Il me redonne la vie » (moi)
  • « Il me fait revivre » (Français courant)
  • « Il me rends des forces » (Parole de Vie)
  • « Il restaure ma vie » (Nouvelle Bible Segond)
  • « Il me ranime » (TOB)

Vous notez que la grosse différence entre ces traductions, c’est au niveau de la traduction de VIE OU ÂME — le mot nephesh, un terme que l’on traduit selon le contexte par « âme, vie, souffle vivant, cou, gorge » (voir le dictionnaire HALOT). Je pense qu’il faut traduire par quelque chose comme « vie » plutôt « qu’âme », parce que David nous parle de la vie d’une brebis et non pas de la partie immatérielle de sa ‘personne’ (i.e., corps, âme et esprit). Assez de technicalités…

« Il restaure mon âme // il me redonne la vie ».

De quoi parle-t-on ici? On parle du talent spécial que les moutons ont de se mettre en danger de mort.

Les moutons peuvent être perdus et dispersés par des mauvais bergers.

Les moutons peuvent brouter de l’herbe proche d’un précipice ou manger quelque chose d’empoisonné. Les moutons peuvent être apeurés par une tempête ou s’égarer dans un terrain privé. Il y a vraiment toutes sortes de situations dans lesquelles les moutons peuvent perdre la vie et avoir besoin de se faire sauver par un berger qui connait leurs tendances.

J’ai appris que les brebis peuvent être “renversées” : elles peuvent ne plus être capable de se relever lorsque leur centre de gravité devient débalancé. Couchée sur le dos, les pattes battant l’air, une brebis renversée s’efforce de se remettre debout. Elle ne peut pas se relever parce que sa laine est trop lourde ou parce qu’elle est enceinte. Une fois renversée, le gaz s’accumule dans son système digestif et elle peut mourir en quelques heures. Si elle se fait relever, elle sera correcte.

Voici des petits vidéos illustrant la chose. Assez particulier!!!

Il y a quelque chose de profondément personnel, de tendre et d’affectueux avec cette image. Le berger connait les tendances autodestructrices de ses moutons, mais le berger est attentif, prompt à aider – toujours patient, tendre et secourable.

Les gens s’imaginent que Dieu perd sa patience et qu’il est en colère quand on chute. L’une des plus grandes révélations du cœur de Dieu c’est que Jésus est le bon berger qui a cette même anxiété et cette même compassion quand nous sommes renversés.  Il accourt pour aider, sauver et rétablir dans la dignité.

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L’Éternel est mon berger:

[…]

Il me redonne la vie!

Il me conduit dans les sentiers de la justice,

A cause de son nom.

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